Petite histoire de la notation musicale 2/4

2 décembre 2008 | Théorie | Pas de Commentaire | Par Pierre-Arnaud

Tags: ,

neumesAu premier épisode de notre petite histoire de la notation musicale, nous nous sommes intéressés principalement aux grecs. A la suite de la tradition grecque, la notation musicale médiévale occidentale fut d’abord alphabétique. On y notait les octaves par la casse: La lettre majuscule (A) indiquait la première octave, la minuscule (a) la seconde, la minuscule doublée (aa) la troisième. Cette notation fut très peu utilisée et laissa assez rapidement place a partir du IX ème aux neumes.

Les premiers manuscrits dans lesquels sont consignés des neumes, datent des VIIIe / IXe siècles et proviennent d’Aquitaine. Les neumes sont un ensemble de signes écrits au-dessus du texte indiquant la direction des courbes mélodiques, et permettant au chantre de se souvenir d’une mélodie déjà mémorisée.

D’une manière générale, les neumes sont des éléments graphiques inspirés des marques d’accents qu’utilisaient les grammairiens. Les premières formes de neumes furent dits alignés, et prenaient la forme d’accents graves ou aigus.
L’origine étymologique du mot “neume” est ambiguë puisqu’il peut s’agir du mot πνεύμα “pneuma” (souffle) comme de νεύμα “neuma”, le signe. On pourrait penser qu’en tant que signe le neume représentait les signes du chef de chœur.

Peu à peu le nombre de neumes utilisés augmenta pour atteindre le nombre de 8 (Punctum et Virga, Clivis (ou Flexa), Podatus (ou Pes), Climacus, Scandicus et Salicus, Torculus, Porrectus) auxquels s’ajoutèrent des neumes spécialisés (Quilisma, Stropha ou Strophicus, Pressus, Bivirga, Trigon, Oriscus par exemple) renseignant sur l’ornementation ou l’interprétation. D’autres signes conventionnels vinrent compléter cette notation, aboutissant à la liste classique des neumes. Cette notation rendait bien compte du rythme, et donne des indications grossières sur la ligne mélodique, mais non sur la hauteur relative ou absolue des sons. La notation musicale n’était donc pas un vecteur de propagation, qui restait essentiellement orale, et correspondait plus à un aide-mémoire.

Partagez ce post:
  • del.icio.us
  • Digg
  • Technorati
  • Facebook
  • TwitThis
  • StumbleUpon
  • Google
  • E-mail this story to a friend!

Articles similaires:

  1. Petite histoire de la notation musicale 1/4
  2. L’esthétique musicale

Commenter cet article: