Travailler son piano quand on a des voisins
3 octobre 2008 | La vie du pianiste | Pas de Commentaire | Par Pierre-Arnaud
C’est un sujet qui passionne tous les pianistes: comment travailler chez soi quand on a des voisins? Une question qui reste épineuse, surtout dans le cas des professionnels.
Je touche du bois, je n’ai jamais eu de réels problèmes avec mes voisins au sujet du dérangement causé par le piano. Mais il est vrai qu’entendre un pianiste travailler plusieurs heures par jour a de quoi rendre fou, amoureux de la musique ou pas. J’ai eu vent de beaucoup d’histoires relatives au bruit causé par notre instrument (quoique les cuivres soient encore plus mal lotis). Le plus souvent, elles se sont mal terminées, si j’en crois les personnes qui me les ont rapportées.
Pourtant les juges peuvent être conciliants, la preuve: dans un arrêt du tribunal d’instance de Paris datant du 3 décembre 1992, le fait que le niveau sonore de l’instrument ne dépasse pas celui qui serait provoqué par des rires a suffi aux juges pour se prononcer contre le trouble de voisinage, estimant que la vie en collectivité suppose une certaine tolérance au regard de certains bruits qui sont inévitables.
Alors quelles solutions pouvons-nous trouver?
Malheureusement, peu de solutions existent. Insonoriser un appartement est un investissement beaucoup trop coûteux. Les cabines accoustiques me direz-vous? Peu fabriquées, je n’ai jamais testé. Ce n’est pas donné non plus. Le système D avec un isolant sous les pieds, des couvertures sur le piano ou je ne sais quoi. Franchement est-ce vraiment efficace quand on a des problèmes avec ses voisins? Je n’en suis pas certain.
Il semblerait que la meilleure solution, en tous cas pour un amateur, soit le système silent. Relativement peu cher, installé d’origine ou monté a postériori, c’est indiscutablement le meilleur rapport qualité-prix. Par contre attention aux résultats, on ne retrouve pas forcément toutes les possibilités sonores offertes par le piano, mais si on ne peut pas faire autrement, c’est toujours mieux que rien.
De plus en plus de pros optent pour une solution beaucoup plus onéreuse: acheter un local moins exposé qu’un appartement comme une arrière-boutique ou un garage qu’ils transforment en atelier de musique. L’idée n’est pas mauvaise et permet d’utiliser pleinement son piano, si toutefois on a bien pris garde de ne pas avoir de voisinage direct susceptible de se plaindre.
Moralité, dur, dur la vie de pianiste, surtout pour les voisins! Et vous quelles solutions avez-vous trouvées pour ne pas déranger vos voisins?










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